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Ce site est le site officiel de l'association "Citoyens dans les Quartiers de Céret", qui rassemble depuis 2001 plus de 500 citoyens cérétans. Vous y retrouverez une présentation de notre asociation et des missions, ses principales actualités ainsi que quelques extraits de notre journal "Le Grain de Sel".

réponse de Domitien à Jean-Pierre

Cher Jean-Pierre,

 

Je te remercie pour l'intérêt que tu as porté à mon édito et pour le débat fort intéressant que tu m'invites à engager. je vais donc m'employer à répondre à tes deux questions aussi précisément que possibles:

Concernant le débat démocratique, dont j'estime qu'il se réduit de plus en plus à des différences de forme qu'à des différencesde fond, tu as raison, la formulation que j'emploie est ambigüe. Je faisais ici référence aux deux grandes parties et/ou courants politiques qui dominent l'Assemblée Nationale depuis de nombreuses années: le PS et l'UMP. Je constate avec étonnement et regret que sur les questions économiques, budgétaires ou de sécurité publique, les textes proposés par notre majotité actuelle diffèrent très peu des textes de la précédente majorité. J'en veux pour preuve le contenu libéral assumé de la loi Macron, la tonalité très sécuritaire du projet de loi sur le renseignement ou encore l'austérité qui caractérise les projets de loi de finances de ceux deux dernières années. La déclaration récente de Bruno Leroux, Président du groupe socialiste à l' Assemblée Nationale, qui considère que David Cameron a gagné car il a "eu le courage de réformer" et qu'il s'est montré "pragmatiqueé est à mon sens révélatrice du vide idéologique total des leaders de notre majorité actuelle. Cela ne signifie pas, j'en suis conscient, que d'autres voix ne tentent pas de se faire entendre pour imaginer et porter des alternatives, mais elles peinent pour l'instant à trouver un chemin majoritaire.

 

Concernant la citation d'Abdenour Bidar, qui écrit que la fraternité devrait être au coeur de notre projet de civilisation, tu m'interroges sur le sens du "nous" que recèle cette phrase. Je t'avoue que je n'avais pas forcément réfléchi à la question. A première lecture "nous" renvoie à mon sens à la communauté citoyenne au sens large: chacun d'entre nous pris individuellement, mais aussi les cadres collectifs qui donnent une forme à notre engagement: les associations, les syndicats, les partis, les mouvements informels, etc...Je suis profondément convaincu que nous devons montrer qu'un autre projet de civilisation est possible, non pas seulement en attendant le grand soir des alternances politiques au niveau national ou européen, mais en donnant un nouveau sens à l'engagement collectif, en faisant de la reconstruction du lien social près de chez nous une priorité absolue. Les AMAP, l'habitat participatif, les cafés citoyens, les monnaies solidaires sont autant d'exemples d'actions locales qui associent création de lien social et une certaine forme d'innovation sociale porteuse d'un message politique fort sur le sens de la consommation, de la citoyenneté, etc: le message d'un épanouissement passant par la coopération et non la compétition. Je suis aussi persuadé qu'il nous faut aussi réinventer la démocratie par le bas, en étant beaucoup plus exigeant sur les mécanismes de participation et d'interpellation citoyenne dans les assemblées locales ( les exécutifs locaux souffrent à mon sens de l'absence réel de contre-pouvoir, pourtant indispensable à une démocratie vivante) et en repensant en profondeur les mécanismes de formation de nos élites.

Je partage à cet égard le point de vue du professeur de droit Dominique Rousseau qui, dans son livre "Radicaliser la démocratie. Propositions pour une refondation" , en appelle à une suppression de l'ENA, la pensée d'Etat étant aujourd'hui un élément du blocage de la société française. De manière plus générale, je crois que le projet de civilisation qu'il nous faut reconstruire doit répondre à une question foncièrement anthropologique, comme l'économiste Jacques Généreux nous y invitait en 2007 dans son exceptionnel ouvrage "La dissociété": "Comment être soi et pour soi, tout en étant avec et pour les autres?".

 

Le Grain de Sel

Veuillez trouver ici le Grain de Sel de l'Association du mois d'avril 2015.
 

Edito avril

                                                           EDITORIAL

 

                                                S'insurger, s'engager, repenser

 

     Ce début d'année 2015 nous montre une fois encore le paradoxe profond qui traverse notre société. Entre la mobilisation massive du 11 janvier en France, et la très forte abstention aux élections départementales. Entre un élan de mobilisation citoyenne inégalée depuis la Libération, et le score réalisé aux élections locales d'un parti populiste, xénophobe, qui n'a pas besoin de mener la moindre campagne pour rassembler plus d'un tiers des suffrages. Entre l'affirmation puissante des symboles républicains et leur contestation frontale.

     Cette situation est à bien des égards inquiétante et déroutante. Inquiétante car elle traduit un niveau de défiance sans précédent dans nos institutions et dans les valeurs fondamentales qui les structurent. Déroutante car pourtant la société française regorge d'énergies positives, d'envies d'agir, d'innovations en tous genres pour mieux vivre ensemble.

     Dans ce contexte, que faire pour ne pas pousser un peu plus notre destin commun dans les bras du renoncement, des réponses illusoires et dangereuses?

     Il faut d'abord, à de multiples points de vue, s'insurger. S'insurger contre l'apprauvissement du débat démocratique, qui se réduit de plus en plus à des différences de forme plus qu'à des différences de fond. Résister contre la propagation des thèses les plus haineuses ou les plus stupides (notamment via les réseaux sociaux) et face à l'absence d'esprit critique qui en démultiplient l'écho. De ce point de vue, il est temps de réinvestir massivement l'éducation populaire et le temps libre des jeunes, dont la mission est fondamentale en complément des efforts fournis par l'Education Nationale;

     Il faut ensuite s'engager: il est inutile d'attendre un sursaut uniquement de réformes politiques radicales ou d'initiatives venues d'en haut: chacun d'entre nous peut et doit se demander ce qu'il peut faire pour contribuer, là où il est, à bâtir une société plus ouverte, plus tolérante, plus solidaire et prête à s'engager dans l'avenir avec sérénité et imagination.

     Il faut enfin repenser, passer d'une démocratie du bulletin à une démocratie du quotidien. Comme le disait Pierre Mendès France, la démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans l'urne, à dékéguer les pouvoirs, puis à se taire. La démocratie est action continuelle du citoyen. Il nous faut aujourd'hui repenser les lieux du politique, en mettant en place des conseils citoyens indépendants à tous les niveaux d'action publique, en donnant la possibilité aux citoyens de mettre des questions à l'ordre du jour des assemblées locales et du Parlement, en mettant en place un référendum révocatoire pour donner la possibilité d'écourter le mandat d'un élu que les citoyens ne jugeraient plus digne de leur confiance, et en protégeant la propriété collective des biens publics comme l'eau, les transports, l'énergie, la santé ou encore l'éducation.

     "On fait comme si la fraternité devait rester un bel idéal de fronton, alors qu'elle devrait être au coeur de notre projet de civilisation" affirmait récemment Abdennour bidar, philosophe et journaliste français. A "Citoyens dans les Quartiers de Céret", nous partageons profondément cette conviction et nous essayons chaque jour de l'incarner, dans la mesure de nos modestes possibilités. Et nous ne sommes pas prêts à renoncer.

                                                                       Domitien Détrie

LETTRE A DOMITIEN à propos de son édito

      Pour un adhérent de notre association tel que moi, c'est un grand plaisir de trouver dans notre " Grain de Selun texte aussi politique que le bel éditorial que Domitien a donné au numéro d' avril. Car, si l'association a pour fondement une indépendance entière à l'égard de tout parti, syndicat ou institution, comme il est rappelé en page 12, elle ne confond pas l'indépendance avec l'indifférence, laquelle est le tombeau de la citoyenneté.

    Donc, je dis bravo à Domitien pour nous avoir confié ses pensées sur la situation politique de la France, après les évènements de janvier et les élections de mars.

    Est-ce à dire que je souscris à ses propos? Je ne voudrais pas me prononcer sans lui soumettre ici deux questions. Elles seraient de nature, s'il voulait y répondre, à éclairer ses lecteurs sur le point de vue qui est le sien, et elles disent aussi quelque chose sur la position de celui qui les formule.

    D'abord pourquoi dis-tu, Domitien, que le débat démocratique "se réduit de plus en plus à des différences de forme plus qu'à des différences de fond" ( 1° colonne, 4° alinéa)? N'y a-t-il pas aujourd'hui un débat de fond opposant une partie de la gauche au pouvoir en place (loi Macron, par exemple)?

    Ensuite, de quel projet parles-tu quand tu écris, dans ta conclusion, en citant Abdennour Bidar, que la fraternité "devrait être au coeur de notre projet de civilisation"? De qui est-ce le projet? Quelles bornes fixes-tu à ce "Nous", au-delà des gens comme toi et moi, et nos amis de l'association, auxquels tu t'adresses? Est-ce que tu y joins les pouvoirs qui régissent présentement la société française et la société mondiale? Si tu répondais Oui, je ne pourrais pas te suivre. A mon avis il existe bien un projet mis en oeuvre très délibérément par les instances décisionnaires du capitalisme d'aujourd'hui, mais c'est un projet de "décivilisation", et c'est lui qui fait de la fraternité un mot creux. J'emprunte ce terme de décivilisation au communiste Lucien Sève qui lançait dans le "Monde Diplomatique" en 2011 ce cri d'alarme: "Ne sommes-nous pas à maints égards en chemin vers un monde humainement invivable?"*

    Avec mon salut républicain à Domitien Détrie et à toute l'équipe du "Grain de Sel",

                                                                                                              Jean-Pierre Kaminker

* "Cause écologique et cause anthropologique", Le Monde Diplomatique, nov.2011, article recueilli dans le volume intitulé "Aliénation et émancipation", La Dispute, 2012

 

 

Les réunions de quartiers organisés par la mairie

                     Les réunions de quartiers organisés par la mairie

 

 

             Trois réunions ont été programmées ce mois-ci par la municipalité en fonction des lieux de vote. L'une a été faite au Pont de Céret, l'autre au Centre-Ville et la troisième à Nogarède.

              Fallait-il s'y déplacer ou non? Pour notre association, la réponse est claire: oui, il fallait y aller, bien que le résultat soit loin d'être satisfaisant.

              Rappelons que notre association a été créée suite à l'abandon des comités de quartiers fondés sous la précédente municipalité. Ces comités de quartier avaient des élus citoyens ainsi que 4 délégués de la municipalité afin de faire remonter les projets. Des assemblées avaient lieu régulièrement et chacun pouvait y exprimer ses propositions d'amélioration du quartier. Une enveloppe avait même été prévue afin que chaque quartier puisse gérer lui-même une partie de l'investissement, sous le contrôle de la municipalité. Le maire actuel n'ayant pas souhaité reconduire ces comités de quartier, nous avons créé "Citoyens Dans les Quartiers de Céret" en 2003 afin de ne pas perdre le bénéfice de cette expérience et du travail effectué.

             Pour ma part, j'y suis allée mercredi soir pour la réunion du Centre-Ville. Après un discours du maire sur ses réalisations, passées ou futures, le regret perpétuel de ne pas recevoir plus d'argent de l'état, les citoyens ont pu poser des questions, bien que cela n'ait pas été clairement défini. On a tout de même l'impression que si la réunion se terminait là, ce serait parfait. Mais bon...

             Ce que l'on peut en retenir, c'est que:

- sont acceptées les propositions facilement résolvables: des aménagements oubliés.

- sont remises aux calendes grecques des sujets qui demandent une réflexion plus poussée comme par exemple l'organisation des bus scolaires le soir, autour du lycée, ou la demande de réalisation d'une piscine couverte qui, nous dit-on, ne pourra bénéficier de la prise en charge par la Communauté de Communes. Le Boulou nous a coupé l'herbe sous le pied en construisant, sur ses deniers, sa propre piscine...Donc, si nous en voulons une plus performante, ce sera de notre poche.

- sont carrément jugées impossibles les remises en cause, pourtant fondées, de, par exemple,  la réfection des trottoirs du haut de la rue Saint-Ferréol, glissantes, défectueuses, à la surface inégale, si ce n'est détruite et où tant de personnes âgées (ou non) trébuchent, voire tombent. Cette rue étant jugée refaite et neuve, pas question d'y toucher, même si elle a été mal conçue ou réalisée. Faut-il accepter l'accusation faite à la DDTM "c'est elle qui l'a voulu ainsi"? La DDTM a-t-elle vraiment voulu ces pavés-là? Exactement? Ou a-t-elle suggéré simplement des pavés anciens?

La personne qui intervenait faisait justement remarquer que c'était d'autant plus nécessaire qu'"un office du tourisme" allait s'installer rue saint-Ferréol. "Visitez la vieille ville de Céret et exercez_vous à tomber sur les pavés"!

Et parlons de ce ton sec utilisé par un élu municipal envers ceux qui demandaient la parole:"Qui êtes-vous? Votre nom!" alors qu'un autre citoyen parlait intempestivement en tutoyant le maire, et sans avoir à donner son identité, bien entendu...

           Dommage pour la démocratie...Dommage d'avoir subi cette simili-écoute, cette caricature d'échanges...

 

 


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